Quelle radio écoute-t-on le plus en France ?
L’audience des radios se lit notamment à travers l’audience cumulée, soit la part des Français de treize ans et plus qui ont écouté une station au moins une fois dans la journée. C’est le chiffre qui commande tous les autres : le tarif d’un spot, la valeur d’une régie, le salaire d’une matinale.
Ce que révèle l’audience des radios
Trois indicateurs coexistent, et on les confond souvent. L’audience cumulée compte les personnes touchées au moins une fois : c’est une portée. La part d’audience compte le temps passé sur une station rapporté au temps total d’écoute de la radio : c’est une part de marché. La durée d’écoute par auditeur dit combien de temps chacun reste. Une station peut être première en portée et troisième en part d’audience, ce qui signifie simplement qu’elle est très largement entendue mais peu longtemps.
Pour un annonceur, les trois ne servent pas au même usage. La portée dit combien de personnes différentes vous pouvez espérer atteindre. La durée d’écoute dit combien de fois vous les atteindrez sans payer davantage. La part d’audience, elle, sert surtout aux radios entre elles.
Un paysage plus stable qu’on ne le croit
Les hiérarchies bougent lentement. Les grandes généralistes tiennent le haut du classement depuis des décennies, portées par leurs matinales — c’est là que se joue l’essentiel de leur audience, et c’est pour cela que les matinaliers sont les mieux payés de la profession. Les musicales, elles, vivent d’une audience plus large mais plus courte, entretenue par les trajets domicile-travail.
Ce qui bouge, en revanche, c’est la manière d’écouter. Le DAB+ élargit la couverture des antennes qui n’avaient pas de fréquence FM partout, et l’écoute en ligne déplace une partie du temps d’écoute hors du poste. Sur le marché publicitaire, cela se traduit par une segmentation plus fine : on n’achète plus seulement une station, on achète un contexte d’écoute.
Et le service public
Les antennes de Radio France pèsent une part considérable de l’écoute française, sans vendre un seul écran publicitaire commercial. Elles ne figurent donc dans aucun barème, ce qui donne une image faussée du marché : une part importante de l’audience du pays est structurellement inaccessible à un annonceur. C’est un point que les présentations commerciales ne mettent jamais en avant, et qui change pourtant le calcul d’une couverture nationale.
Pour voir ce que chaque antenne encaisse et dépense derrière ces audiences, la rubrique Radio ouvre les comptes station par station.
Trois mesures, trois usages
L’audience cumulée compte les personnes ayant écouté au moins un quart d’heure dans la journée : c’est la mesure de portée, celle qu’on cite. La part d’audience rapporte le temps passé sur une antenne au temps d’écoute radio total : c’est la mesure de fidélité, et la seule qui reste comparable d’une année à l’autre. La durée d’écoute par auditeur, exprimée en minutes, dit combien de temps reste un auditeur : c’est elle qui détermine combien de passages sont nécessaires pour être entendu quatre fois.
Pourquoi une antenne peut perdre des auditeurs et gagner de l’argent
Les recettes publicitaires ne suivent pas l’audience cumulée mais la valeur des écrans vendus. Une antenne qui perd 2 % d’auditeurs mais gagne en durée d’écoute vend mieux ses matinales, où se concentrent la moitié de ses recettes. Inversement, une station très large mais peu écoutée en continu remplit difficilement ses écrans de journée. C’est ce qui explique qu’un classement d’audience et un classement de chiffre d’affaires ne se superposent jamais.
Lire une variation d’audience
- Une variation inférieure à 0,3 point d’audience cumulée n’est pas interprétable : elle tient dans la marge d’échantillon.
- Une baisse en septembre suivie d’un rattrapage en novembre correspond au cycle normal des grilles de rentrée, pas à une désaffection.
- Une hausse de part d’audience sans hausse d’audience cumulée signale une écoute plus longue : c’est le meilleur signal commercial pour une régie.
De l’audience au prix du spot
Le tarif d’un écran suit l’audience de cet écran, pas celle de la station. C’est pourquoi la matinale sert d’indice 100 et la nuit tombe autour de 18 : le rapport des tarifs reproduit le rapport des audiences horaires. Le barème détaille cette courbe antenne par antenne, et le comparateur met les quatre mesures dans un même tableau.
